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A torts ou à raisons
L'art suffit-il à résister à
la barbarie ? La question que pose Ronald Harwood dans A torts ou à raison, pièce
mise en scène par Marcel Bluwal, remet en mémoire le procès intenté en 1946
au brillant chef d'orchestre Wilhelm Furtwängler (Michel Bouquet, stupéfiant
de rigueur) Le directeur de la philharmonie de Berlin, accusé de compromission
avec le régime de Hitler, était-il un opportuniste ou un patriote dupé ?
Furtwängler n'était pourtant pas inscrit au parti contrairement à Monsieur
K (Karajan)-et sauva bon nombre de musiciens juifs. Mais l'heure des comptes
a sonné. Harcelé par un officier américain (Claude Brasseur, excellent),
illettré et revanchard, obsédé par la vision des camps, le musicien, vulnérable,
presque désincarné, se débat contre l'imposture. Eût-il été plus moral
des'enfuir en Amérique ou en Suisse?
A chacun de trouver les réponses
selon sa raison ou ses préjugés. Un spectacle décapant et passionnant.
M.Lp