
Les tourments du Juste
Au théâtre Montparnasse, Michel Bouquet incarne le chef d'orchestre Furtwângler, accusé de complaisance avec les nazis.
Wilhelm Furtwängler fut le chef d'orchestre le plus doué de sa génération. En 1933, au moment où Hitler prenait le pouvoir, il était au sommet de son art. Contrairement à bon nombre de ses collègues. Furtwängler ne fuit pas le régime nazi. Il fut jugé pour cela en 1946 par des compatriotes qui l'interrogèrent pendant deux jours. Disculpé. il ne parvint jamais à se défaire de cette suspicion. L'homme juste ne peut échapper à la pression du pouvoir. Mais le face-à-face entre un juge américain violent issu du peuple (Claude Brasseur) et un chef d'orchestre réfugié dans une froideur aristocratique (Michel Bouquet) est surtout révélateur de l'ambiguïté des motivations du Juste. Le patriote Furtwängler peut-il être jugé coupable d'être resté dans son pays, cautionnant ainsi le parti au pouvoir ? Ou bien n'est-il resté que pour ne pas laisser sa couronne à la merci d'un successeur ? Quant au juge, est-il convaincu de trouver enfin un chef d'accusation déterminant ou bien ne recherche-t-il que le mérite d'envoyer à Nuremberg un nouveau prévenu de renommée mondiale ? Un face à face intense entre deux acteurs de grande classe.
A torts et à raison, de Ronald Harwood, mise en scène Marcel Bluwal.