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Dominique HOLLIER

Adaptation


Photo: Flore

En guise d'avant propos...

L'instruction du procès en dénazification de Wilhelm Furtwängler par un commandant de l'armée américaine décidé à le prouver coupable.

A travers cet épisode de l'histoire, Ronald Harwood, avec la grande habileté dont il est coutumier, pose les questions qui n'ont pas de réponse : jusqu'où l'art et la politique peuvent-ils prétendre s'ignorer l'un l'autre, ou plutôt, les politiques ayant toujours utilisé l'art et la culture, jusqu'où l'art et les artistes peuvent-ils prétendre exister dans l'ignorance de toute réalité politique ?

Le débat entre Furtwängler amoureux de son art et décidé à le servir coûte que coûte, et le commandant Arnold, citoyen qui a contemplé l'horreur et qui pour sa propre survie a besoin d'un responsable, est sans issue… Du moins Ronald Harwood ne nous impose-t-il pas de point de vue, de parti pris, mais nous laisse libres de juger, chacun accommodant et s'accommodant tant bien que mal des contradictions pour se forger l'opinion qu'il croira juste.

En vérité, les deux choses se situent sur des plans si éloignés qu'il paraît impossible de les mettre en balance.

Malheureusement la barbarie n'exclut pas toujours l'art, l'art n'exclut pas toujours la barbarie.

Dominique Hollier