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Giorgio Strehler est né le 14 août 1921 à Barcola près de Trieste. Après
des études de droit, il entre à l'Academia dei Filodrammatici, d'où il sort
en 1940 avec un Premier Prix d'Interprétation et commence aussitôt à
travailler comme comédien.
Il s'engage dans la Résistance au côté des Socialistes, jusqu'à sa
condamnation par les tribunaux fascistes à un exil en Suisse. C'est là qu'il
décide de fonder la Compagnie des Masques avec des acteurs européens en
exil, pour lesquels il monte Caligula d'Albert Camus et Meurtre dans la
cathédrale de T.S. Eliot, spectacles dont il assure la mise en scène et la
scénographie.
De retour en Italie à la fin de la guerre, il devient critique au quotidien
Milano Sera et passe à la mise en scène à plein temps en 1945, avec une
production de le Deuil sied à Elèctre d'Eugene O'Neill. En 1947, il franchit
le pas décisif d'abandonner le théâtre privé pour créer avec Paolo Grassi et
Nina Vinchi, le Piccolo Teatro di Milano.
La première saison, il y monte les Bas-fonds de Gorki, les Nuits de la
colère de Salacrou, le Magicien prodigieux de Calderon de la Barca,
Arlequin, serviteur de deux maîtres, de Goldoni, les Géants de la montagne
de Pirandello et l'Orage d'Ostrovski. A cette même époque, Strehler s'essaye
avec succès à la mise en scène d'opéra avec la Traviata et l'Amour des trois
oranges de Prokofiev, à la Scala de Milan.
Entre 1969 et 1971, il prend un congé temporaire du Piccolo pour fonder le
groupe Teatro e Azione ("Théâtre et Action"), puis revient via Rovello en
1972, comme unique directeur du théâtre.
C'est de ce temps que datent le Roi Lear, Il Campiello, la Tempête et Temps
d'orage de Strindberg.
En 1982, il fut nommé directeur du théâtre de l'Europe à Paris, où il monta
l'Illusion de Corneille et l'Opéra de quat'sous de Brecht. En juillet 1986
il inaugura le Teatro Studio de Milan avec Elvira et fonda l'Ecole d'art
dramatique du Piccolo. En 1989, il devint le Président de l'Union des
Théâtres de l'Europe.
Son long travail sur l'œuvre de Goethe culmina avec les productions de Faust
I et Faust II (1987/88-1991-92), qui précédèrent l'hommage qu'il rendit à
Goldoni, durant les saisons 1992-94, à l'occasion de son bicentenaire.
Le voyage de Strehler à travers l'univers théâtral se poursuivit, traversé
de ses interrogations inquiètes sur le devenir du théâtre, comme en
témoignent ses six productions européennes des Géants de la Montagne de
Pirandello, montés une dernière fois durant la saison 1993-94. Avec l'Ile
des esclaves de Marivaux le voyage se fit presque initiatique, espoir
utopique d'une société en marche. Puis ce fut le dernier Festival Brecht
durant la saison 1995-96 avec la Bonne Âme de Se-tchouan et une redécouverte
du jeune Brecht avec Milva chante le nouveau Brecht.
La saison 1996-1997 fut marquée par une crise institutionnelle qui poussa
Strehler à démissionner de la direction du Piccolo le 31 décembre 1996. A
l'occasion du cinquantenaire du Piccolo, Strehler fut appelé pour diriger la
célébration et produisit, notamment, une nouvelle mise en scène d'Arlequin,
serviteur de deux maîtres.
Sa mort soudaine, dans la nuit du 24 au 25 décembre 1997, interrompit son
travail de délégué artistique durant la saison 1997-1998, qui prévoyait deux
importantes productions qu'il devait diriger: Cosi fan tutte de Mozart et
les Mémoires de Carlo Goldoni.
Source Wikipedia
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