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EN GUISE D'AVANT PROPOS...
Dans l'immeuble où il vient d'emménager, Monsieur Leroy découvre que ses voisins
(ses contemporains) forment une espèce en voie de prolifération, où les phrases
toute faites et les lieux communs remplacent la pensée.
Impossible de s'en sortir quand on est seul contre tous parce qu'on ne fait pas
de rollers ou qu'on ne participe pas à la fête du quartier. |
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NOTES DE MISE EN SCENE
UNE ARÈNE OU LE RIRE EST BANDERILLES
En tant que metteur en scène, j’ai toujours été attiré par un théâtre témoin
de son temps. C’est le cas pour cette peinture à l’huile et au vinaigre où
le souci de l’image que l’on donne et du chacun-pour-soi trahissent la
vulnérabilité et l’incertitude de nos contemporains. Comme on dit
doctoralement, quel est ce «comportement sociétal » ?
Trois ans. La maternelle. Qui suis-je ? Qui est l’autre ? Egocentrisme, peur
de l’autre, pulsions du pouvoir, tout est là, déjà. On ne sait pas bien si
l’on s’embrasse ou si l’on s’étrangle.
Quinze ans. Le lycée. L’image de soi et celle que l’on reçoit de l’autre ont
rejoint les pulsions premières. Dis-moi quel Chevignon tu portes…On se pique
joyeusement (férocement) la nana (le jules) de son (sa) meilleur(e) ami(e).
Quelques décennies plus tard. Un immeuble. C’est là que Sibleyras a planté
sa plume. Le jeu des apparences est le grand jeu des adultes. Derrière le
sourire courtois pointent les canines. Une banale inscription dans
l’ascenseur met le feu aux poudres, Sibleyras a dégoupillé sa grenade. Les
éclats de rire laisseront des traces. Dans cette arène dérisoire où l’on ne
sait plus qui est taureau ou torero, la mise à mort est celle de la vanité,
de l’égocentrisme, du rejet de l’autre. Le ridicule ne tue pas. Voire.
J’ai demandé à Agostino Pace plus un dispositif scénique qu’un décor,
permettant ainsi de nous révéler la vie cachée d’un immeuble en excluant
tout naturalisme. Ce dont j’avais besoin, c’était d’une aire de jeu. La
boite où les enfants rassemblent cruellement des insectes qui
s’entredévoreront. De même, pas de « naturel-télé » dans le jeu des
comédiens. Ce qui m’importe, c’est plus le comportement des individus en
société que les personnages et leur intimité. Cela implique bien sûr une
direction de recherche et un style de jeu. C’est à quoi je me suis
prioritairement attaché, espérant ainsi servir fidèlement la pièce drôle et
cruelle de Sibleyras.
Jacques ÉCHANTILLON |