La direction

Directrice du Théâtre Montparnasse depuis 1984

Myriam FEUNE de COLOMBI

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« C’est la meilleure Célimène que j’aie jamais vue et j’en ai vu beaucoup depuis que je vais au théâtre ! »

Le vieux comédien qui vient ainsi de parler a un rêve secret : convaincre Myriam Feune de Colombi de revenir sur scène.

Mais de miracle il n’y aura point. Qu’il n’espère pas. La décision de Madame la directrice du Théâtre Montparnasse est irrévocable.

Après onze ans passés à la maison de Molière, à une époque lointaine où l’esprit de troupe signifiait encore quelque chose mais où la jalousie des artistes n’était pas un vain mot, elle s’est reconvertie.
Dans l’humanitaire, pourrait-on dire si l’on voulait faire un mot. C’est-à-dire dans la production de théâtre.

En 1984, aidée par son mari industriel qui ne supporte plus de la voir éloignée de ce qu’elle aime, elle acquiert le Théâtre Montparnasse. Depuis, avec Jérôme Hullot d’abord, puis seule ensuite pour les décisions artistiques, elle programme des auteurs aussi passionnants et différents que Yasmina Reza, Jacques-Pierre Amette, Jean-Marie Besset, Peter Shaeffer, Michael Frayn, Ronald Hartwood, Tankred Dorst, Jean-Pierre About, Éric-Emmanuel Schmitt, Thomas Bernhard

« Le public a l’impression qu’il est chez lui dans ce théâtre. C’est une récompense. On dialogue. Vous savez, je n’ai pas de ligne ni de désirs particuliers qui guident ma programmation pour ce théâtre. J’essaie juste d’y faire les choses que j’aime ».

Une certaine exigence spirituelle. Elle oublie de dire que ce qu’elle aime est un peu plus intéressant et un peu plus important que ce qu’aiment et défendent la plupart des directeurs de théâtres privés parisiens, qui ont pourtant les mêmes problèmes économiques qu’elle. Ses responsabilités n’en sont que plus immenses.

« Quand je prends la décision de programmer un spectacle, je tremble. J’ai charge d’âmes. Ma décision entraîne beaucoup de choses pour la vie de tous ceux qui travaillent dans ce théâtre, les ouvreuses par exemple ».

Humble, elle a une manière bien à elle d’affirmer la dimension populaire de sa programmation :

« Il y a une règle : quand je lis un texte ou quand je vois une œuvre, si je ne comprends pas, je ne prends pas ! ».

Ainsi pense-t-elle montrer qu’elle est une femme comme les autres, ni plus ni moins intelligente et cultivée. Ce qui n’est pas exactement le cas ! Pour preuve l’intérêt très aigu qu’elle affiche pour la théologie chrétienne et pour toutes les spiritualités.

 

Jean-Luc Jeener pour le Figaro Magazine