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EN GUISE D’AVANT PROPOS ...
Gustave, René et Fernand passent leurs journées sur la terrasse de leur
maison de retraite.
Pas la terrasse principale, mais celle de derrière, plus petite, isolée.
Ils sont intrigués par le vent qui secoue les peupliers sur la colline, en
face. Un vent qui berce les arbres, alors que sur la terrasse, pas un
souffle. |
Ils sont intrigués par ce mouvement comme les astronomes par la formation
des quasars dans l’univers, comme les biologistes par le mystère de la vie,
comme Hamlet par celui de la mort et comme les vaches par le train qui
passe.
Autrement dit, ils sont comme tout le monde, inquiets et impuissants,
mais résolus à vivre, coûte que coûte… Et voilà pourquoi cette pièce
s’intitule « Le vent des peupliers »…
Gérald SIBLEYRAS
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Entretien avec
Gérald SIBLEYRAS |
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photo: Phil Journé |
NOTES DE MISE EN SCENE
Sur cette terrasse-refuge de cette prison sans murs, trois vieux militaires
à la retraite, en révolte contre « l’arlésienne » Sœur Madeleine, figure
allégorique du pouvoir, s’emploient à faire « passer le temps » - qui passe
d’ailleurs très bien tout seul sans que les hommes s’en mêlent - et qu’il
faudrait, au contraire, retenir de peur de dérouler trop vite le peu de fil
qu’il reste sur la bobine. |
Qu’importe ! En avant toutes, pour les « besoins d’ailleurs », les
ambitions, les fantasmes, les vantardises et les fanfaronnades, les rêveries
et les mensonges sans limite : rêvons grand, même si l’on agit petit.
Et voilà tous les appétits de la vie réveillés au bruissement du vent dans
les peupliers, regonflés de désirs comme la voile du bateau à la première
promesse de brise, nous donnant une fois de plus à vérifier l’irrésistible
drôlerie de nos désespoirs.
Jean-Luc TARDIEU
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Entretien avec
Jean-Luc Tardieu |
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