Glenn, naissance d’un prodige

Première le vendredi 20 septembre 2024

Soirées

Mardi , mercredi, jeudi, vendredi & samedi à 19h

Matinées

Dimanche à 17h30

Tarifs

49 € / 42 € /36 € /20 €
10 € pour les – de 26 ans (réservations au guichet ou par téléphone)

Attention

Les billets ne sont ni repris ni échangés et les représentations commencent à l’heure. Aucun retardataire ne peut être accepté dans la salle, pour ne pas perturber le bon déroulement du spectacle.

À propos

Sous l’impulsion de sa mère qui rêvait d’être concertiste, Glenn Gould commence le piano dès l’âge de deux ans et demi, et s’y révèle aussitôt très doué. Devenu adulte, il va totalement révolutionner la façon de jouer du piano, et vendre autant de disques que les plus grandes rock star. Mais plus le public l’acclame, plus Glenn en souffre, car sa personnalité Asperger et hypocondriaque lui rend chaque concert extrêmement pénible et douloureux. Sans parler de sa vie privée, totalement sacrifiée…

C’est l’histoire du destin extraordinaire et tragique d’un des plus grands artistes du 20ème siècle.

Après avoir triomphé au Petit Montparnasse lors de sa création en 2022 et remporté deux Molières, le spectacle revient, mais dans la grande salle cette fois !

MOLIÈRES 2023
Lison PENNEC révélation féminine
Thomas GENDRONNEAU révélation masculine

Avec Thomas GENDRONNEAU ou Nicolas AVINÉE, Lison PENNEC ou Agnès CLAVERIE, Josiane STOLÉRU ou Raphaëline GOUPILLEAU, Bernard MALAKA ou Julien ROCHEFORT, Benoit TACHOIRES ou Alban AUMARD, Stéphane ROUX ou Stéphane RONCHEWSKI

De et mis en scène par Ivan CALBÉRAC

Décor Juliette AZZOPARDI et Jean-Benoît THIBAUD
Costumes Bérengère ROLAND
Lumières Alban SAUVÉ
Vidéo Nathalie CABROL
Assistante à la mise en scène Florence MATO

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Aïe

Presse

Puissant.

Le Figaro

Coup de cœur.

JDD

Bluffant.

Le Parisien

Une pépite.

La Provence

Le mot de l’auteur

C’est l’histoire d’une mère qui fait reposer sur son fils tous les rêves qu’elle n’a pu réaliser elle-même. C’est l’histoire d’une demoiselle qui tombe éperdument amoureuse d’un garçon qui lui joue trop bien du piano, garçon que la célébrité va rendre de plus en plus désirable, mais aussi, hélas, de plus en plus inaccessible. C’est l’histoire d’un artiste inclassable, aussi libre dans son art qu’il était prisonnier au quotidien de ses insomnies, de ses phobies sociales, de son hypocondrie.
Derrière ce destin hors du commun, c’est aussi une réflexion sur le statut d’artiste qui sous-tend la pièce, statut que Gould n’a jamais cessé d’interroger, et de réinventer. « A quoi bon jouer une œuvre de Bach, si elle a déjà été jouée comme ça ? », répétait souvent le pianiste. Son obsession était à chaque fois d’apporter sa propre lecture à un concerto, une sonate, une partita… Quitte à changer le tempo de la partition, voire parfois même, à ne pas jouer toutes les notes… ou en jouer de nouvelles.
Cette interrogation sur le rôle de l’artiste me semble plus actuelle que jamais, et tout spécialement au théâtre. Que pouvons-nous apporter de vraiment vivant au public ? Comment ne pas faire du spectacle « mort » ? Comment se réinventer face à tous les mondes virtuels qui prennent de plus en plus de place dans nos vies ?
J’ai souhaité m’inscrire dans la philosophie de Gould, en essayant de raconter son histoire sous un angle différent. Dans le destin de ce prodige, ce qui m’a le plus marqué, c’est son rapport à sa mère, une mère étouffante, fusionnelle et probablement incestueuse que Glenn n’a jamais réussi à tuer symboliquement, et qui semble l’avoir traumatisé au point de ne jamais avoir été capable de vivre de relation amoureuse stable… Le pianiste a fini par se retirer du monde, pour une solitude qu’il présentait comme un idéal, mais dont il semblait souffrir bien souvent… Et qui l’a vu décliner si rapidement.
Plus qu’un « biopic », c’est donc l’histoire d’un drame que j’ai voulu écrire, une tragédie familiale, shakespearienne, ou plus le temps passe, moins les êtres qui s’y débattent n’ont de chance de trouver ce bonheur qu’il leur échappe, et bien au contraire, plus ils courent vers leur perte, et leur disparition prématurée.

J’ai souhaité une mise en scène particulièrement rythmée, enchainant les lieux et les époques sans laisser le temps de souffler au spectateur, le faisant s’immerger peu à peu dans l’univers de Gould, de son génie, de ses démences, de son humour aussi… souvent malgré lui ! La direction d’acteur pendant les répétitions a été particulièrement musicale : travail sur le phrasé, le tempo, les silences, les respirations, l’expressivité. Le travail de la scénographie fut guidé par une volonté de sobriété et d’élégance, limiter les accessoires et les meubles, pour laisser s’épanouir l’imagination, garder un peu de cet espace vide cher à Brook, et en même temps, proposer des images qui impriment la mémoire, et racontent l’histoire à un autre niveau. Nos références, avec ma scénographe et mon créateur lumière, se sont orientées notamment vers les œuvres du peintre Edward Hopper.
Enfin, la musique est omniprésente dans le spectacle, c’est un personnage à part entière. Un travail sur le corps a été accompli avec le comédien jouant Glenn sur le geste qui la produit, sur ce mystère du mouvement qui crée le son, la note, parmi des centaines d’autres, celle qui nous touche sans que l’on ne comprenne jamais vraiment pourquoi.

Ivan CALBÉRAC – auteur & metteur en scène