On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie

Première le lundi 31 août 2026

Soirées

lundi à 21h, mardi à 19h

Durée

1h15

Tarifs

45€ / 36€ / 30€ / 20€
10€ pour les moins de 26 ans (par téléphone ou au guichet)

Attention

Les billets ne sont ni repris ni échangés et les représentations commencent à l’heure. Aucun retardataire ne peut être accepté dans la salle, pour ne pas perturber le bon déroulement du spectacle.

Molières 2026 - 1 nomination

  • Molière du Seul en scène

À propos

Et si Freud avait été le psy d’Hitler ? Le mal absolu aurait-il pu être évité ?
Dans ce « stand-up d’art et d’essai, conférence et confidence, mi-idiot, mi-intello », Éric Feldman explore avec humour et gravité les traumatismes des « enfants cachés » survivants de la Shoah : ses propres parents, oncles et tantes. Sur le fil d’un mystère qu’on se prend à vouloir résoudre, le texte nous plonge dans un tourbillon de pensées, d’émotions, de rires et de souvenirs aux accents yiddish. On y croise notamment tonton Lucien et tata Sarah, le grand écrivain Isaac Bashevis Singer, Milosh le chat d’Éric, et on pense aux grandes figures des humoristes juifs new-yorkais.
Une autofiction pour dépasser son histoire personnelle, toucher le cœur des gens et célébrer, en ces temps obscurs, la fragilité et le miracle d’être vivant.

 

de et avec Éric FELDMAN
Mise en scène et collaboration à la dramaturgie Olivier VEILLON
Soutien amical à la dramaturgie et à la mise en scène Joël POMMERAT

Création lumière et espace scénique Sallahdyn KHATIR
Création sonore et régie générale Louise PRIEUR 

 

Photographies : Patrick ZACHMANN 

Autres spectacles à découvrir

Voltige

PROLONGATIONS jusqu’au 31 mai

Voltige

Presse

Très rare spectacle. Terrible et éblouissant TTT

Télérama

Spectacle bouleversant, inouï

Charlie hebdo

Du grand art !

Le Point

Remarquable, brillant, une leçon d’humanité

Challenges

Terriblement drôle, humain, et bouleversant

Libération

On ne sort pas indemne de ce spectacle, mais on en sort vivant. Plus que jamais

Le Parisien

On en sort secoué. Et d’abord de rire

Médiapart

Un spectacle virtuose et salutaire

Le Pèlerin

Performance magistrale. À ne pas rater

La Croix

Un tourbillon virtuose

Marianne

On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie est une sorte de « stand-up d’art et d’essai, conférence et confidence, mi-idiot, mi-intello ».

Au fil d’une autofiction (plus auto que fiction !), j’évoque avec humour, émotion et gravité les effets traumatiques de la Shoah sur les enfants cachés survivants (je parle de mes parents, de mes oncles et tantes), sur leurs propres enfants (particulièrement sur moi !), et peut-être au fond sur notre monde contemporain, « malade des camps » selon le psychiatre et psychanalyste Gérard Haddad.

Je parle de cette histoire parce que c’est celle de ma famille et la mienne mais je souhaite qu’on puisse entendre qu’il s’agit des traumatismes causés par tout crime de masse. Je témoigne aussi d’un trajet de vie qui peut parler à chacun, depuis l’ombre et le mortifère jusqu’à la vie et le désir de vivre, depuis l’isolement et l’enfermement jusqu’à la rive des vivants.

J’évoque aussi, par le biais de mon expérience psychanalytique, le thème essentiel de l’altérité, la question de l’étranger en soi, celle de la relation à l’autre, son éthique.

Je parle de ces deux figures majeures et radicalement opposées du vingtième siècle, Hitler et Freud. D’un côté l’assassin majuscule, la figure absolue du mal, et de l’autre côté celui que Thomas Mann a décrit précisément comme « son ennemi véritable et essentiel, le philosophe qui démasqua la névrose, le grand désillusionneur ”.

Je parle de l’assassin qui a tué non seulement un peuple mais aussi une culture et une langue (le yiddish), et je parle de celui qui a inventé un savoir qui, pour revenir à moi, m’a sauvé la vie.

Idéalement, ce seul-en-scène sera drôle, émouvant, et intéressant ! Mes grands-parents étaient des étrangers en France, ils ont rêvé la France de Victor Hugo et d’Émile Zola, ils ont eu celle de Philippe Pétain et de Pierre Laval, ils ont connu les rafles et la déportation. Mon père, ma mère, mes oncles et tantes portaient l’étoile jaune infamante, ils ont miraculeusement survécu. Aujourd’hui ils sont morts ou très âgés. Bientôt il n’y aura plus aucun témoin direct de cette sombre période.

Je crois, qu’outre les historiens et chercheurs, les artistes ont un rôle à jouer pour rendre compte chacun à leur manière de ce drame et interroger à travers ce sinistre passé des questions particulièrement brûlantes aujourd’hui.

Je crois qu’en tant qu’enfant de cette famille brisée j’ai quelque chose à en dire. Je crois que cela peut toucher les gens, et se prêtera particulièrement bien aux rencontres avec le public, et surtout avec les jeunes (possiblement collégiens, plus certainement lycéens), ce sont particulièrement avec ces derniers que le dialogue pourra s’avérer précieux aujourd’hui. Je ressens une nécessité à dire ce texte. Ça sera un spectacle très simple – un seul acteur donc, et une scénographie épurée.

Les groupes de lycéens ou d’étudiants sont les bienvenus aux représentations du soir. L’équipe artistique se déplacera volontiers dans les établissements scolaires ou autres types de lieu pour aller à la rencontre de ces publics et parler avec eux du spectacle et des sujets qu’il soulève.

Éric FELDMAN – auteur

Après avoir exploré l’autofiction avec Solal Bouloudnine dans La fin du début (Seras-tu là ?) puis avec Bertrand Bossard dans Plusieurs, la proposition d’Éric m’a séduit car il apporte une pierre à l’édifice de l’humour, très sérieux sur le fond, comme tout comique qui se respecte, et sur la forme, simple quoique vraiment spéciale, parce que c’est Éric. C’est un plateau presque nu, baigné d’une lumière chaleureuse et cosy, et une présence à la fois sympathique et presque inquiétante. Complice, sincère et authentique, Éric nous parle de lui, mène le récit intime de ses névroses, qui sont nombreuses. Mais il mène aussi, par l’incarnation de lui-même et parce que nous sommes au théâtre et donc dans un espace de fiction, le récit d’un personnage auquel on s’attache, tout en flirtant avec une forme de danger sous-terrain, de folie douce, abysses où l’on sent qu’on pourrait plonger, sans jamais pourtant s’y abîmer tout à fait. Ce sont ces deux récits, celui des mots et celui du corps, qui forment une narration entre le stand up et le théâtre, au cœur du principe d’autofiction. L’alternance de parole et de burlesque, de gimmicks et de mots, de confidences et de gags, la présence même d’Éric, son corps sec, tendu et infiniment aimable, font qu’on est toujours sur le fil d’un mystère qu’on se prend à vouloir élucider, comme on chercherait à résoudre une enquête. La pensée est stimulée autant que l’idiot qui sommeille (plus ou moins !) en chacun de nous. Je n’ai personnellement aucun parcours analytique et cette pratique m’est quasiment étrangère. J’ai pourtant tout de suite saisi l’universalité de la proposition d’Éric, car en étant au plus proche de lui, il nous parle de nous tous et toutes. Les retombées, comme une pluie de cendres, des traumatismes de la Shoah, nous ont tous et toutes irradié.es, plus ou moins. Au-delà de ce principe relativement classique, il y a notre amour du stand up et notamment des grands humoristes américains, juifs newyorkais pour la plupart. Mais nous ne sommes pas eux et en proposant un stand up assis, Éric joue et déjoue les codes pour nous plonger, avec une forme très simple, dans un vortex d’humour, de pensée et d’émotion.

Olivier VEILLON – metteur en scène