On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie
Première le lundi 31 août 2026

Première le vendredi 25 septembre 2026
Mercredi et jeudi à 21h
Vendredi et samedi à 19h
Dimanche à 17h
56€ / 46€ / 36€ / 21€
10€ pour les moins de 26 ans (par téléphone ou au guichet)
Les billets ne sont ni repris ni échangés et les représentations commencent à l’heure. Aucun retardataire ne peut être accepté dans la salle, pour ne pas perturber le bon déroulement du spectacle.
Avril 1935. La peintre Suzanne Valadon est hospitalisée. Tout l’a quittée : son mari, son talent, et bientôt son fils, Maurice Utrillo.
Maurice veut épouser la meilleure amie de sa mère. Pour le retenir, Suzanne est prête à tout, même à briser ce mariage.
Entre la peinture et la maternité, Suzanne a toujours choisi la peinture.
Pourtant, c’est elle qui a voulu sauver son fils de l’alcool en lui apprenant à peindre. Question alcool, c’est un échec. Par contre, en peinture, le fils a dépassé la mère en notoriété. Si la mère est fière, l’artiste est jalouse.
Leurs affrontements semblent sans fin. Cette nuit, il va falloir tenter la réconciliation puisque le temps est compté pour Suzanne.
Une joute mère-fils aussi cruelle que bouleversante.
Avec Catherine HIEGEL, Christophe PAOU et Marc PRIN
Une pièce de Corinne SAMAMA et Jean-Benoît PATRICOT
Mise en scène Dan JEMMETT
Scénographie Dick BIRD
Costumes Sylvie MARTIN-HYSZKA
Lumières Arnaud JUNG
Assistante à la mise en scène Valérie NÈGRE
Première le lundi 31 août 2026

Première le vendredi 04 septembre 2026

Première le dimanche 20 septembre 2026

REPRISE à partir du 5 janvier 2027

REPRISE à partir du 10 septembre 2027

PROLONGATIONS
jusqu’au 31 août 26

NOUVELLES PROLONGATIONS

Première le jeudi 27 août 2026

REPRISE à partir du 29 août 2026

Première le vendredi 08 janvier 2027

FESTIVAL OFF D’AVIGNON 2026
au Théâtre des Gémeaux

FESTIVAL OFF D’AVIGNON 2026
au Théâtre du Balcon

FESTIVAL OFF D’AVIGNON 2026
au Théâtre du Chien qui fume
COMPLET

FESTIVAL OFF D’AVIGNON 2026
au Théâtre des Gémeaux

J’ai découvert la relation tumultueuse entre Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo lors de l’exposition « Valadon & Utrillo » à la Pinacothèque de Paris en 2009. J’y ai rencontré Jean Fabris, légataire testamentaire de la famille Utrillo, qui m’a raconté l’histoire mouvementée de ces deux artistes qui défrayaient la chronique sur la butte Montmartre. Leur relation à la fois pathologique et pleine d’amour m’a semblé si romanesque que j’ai eu envie de l’écrire.
Dans mon roman, j’ai choisi de saisir Suzanne à un moment de grande vulnérabilité : à 78 ans, hospitalisée, alors que tout l’abandonne — ses amours, sa peinture, sa jeunesse. Je me suis interrogée : que se passe-t-il alors dans sa tête ? Quel bilan tire-t-elle de sa vie ? Quel a été le prix de sa liberté d’artiste, qu’elle chérissait par-dessus tout, au regard de son fils, ce « désastre » selon ses propres mots ?
Pour moi, Suzanne Valadon est une héroïne moderne, inspirante pour les femmes d’aujourd’hui : elle s’est affranchie du carcan de la société de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, à une époque où les femmes ne disposaient pas encore d’elles-mêmes. Elle a suivi son bon plaisir et s’est fait une place dans un monde d’hommes, tandis que sa peinture a révolutionné le regard porté sur les femmes. Elle incarne avant l’heure le dilemme de la femme moderne qui doit choisir entre son accomplissement professionnel et son devoir maternel.
Valadon et Utrillo étant deux figures éminemment théâtrales, j’ai voulu pousser plus loin : imaginer leur confrontation face à un public. En rencontrant Jean-Benoît Patricot, j’ai immédiatement su qu’il serait le meilleur auteur pour adapter cette histoire au théâtre. J’ai retrouvé dans son écriture, crue et directe, la voix authentique de ces deux personnages dont il a parfaitement su saisir l’âme. Il a su en faire une partition à la fois tragique, drôle et profondément émouvante.
Quant au choix de l’actrice, il fallait une immense comédienne pour ressusciter le personnage fort et complexe de Valadon : Catherine Hiegel s’est imposée comme une évidence dès l’écriture.
Corinne SAMAMA
Juillet 2026, je me trouve à Pittsburgh, aux États-Unis, au moment où j’écris ces lignes.
Hier, j’ai visité le Carnegie Museum of Art, où mon regard a été attiré par deux petits tableaux accrochés tout près l’un de l’autre : une nature morte de Suzanne Valadon et une scène de rue de son fils, Maurice Utrillo.
La pièce Suzanne retrace la relation fusionnelle, souvent tumultueuse, qui unissait la mère et le fils : une discorde familiale qui trouva pourtant une forme d’harmonie dans leur dévouement absolu à leur art. La proximité de ces deux tableaux au Carnegie Museum of Art est, pour moi, un rappel saisissant de l’intensité de ce lien artistique et de la fascination que leurs œuvres continuent d’exercer sur les visiteurs des musées à travers le monde.
Lorsque j’ai lu la pièce de Corinne Samama et Jean Benoît Patricot, je savais déjà que Catherine Hiegel interpréterait le rôle de Suzanne Valadon. Catherine et moi avions travaillé ensemble il y a quelques années à la Comédie-Française, et il m’est apparu d’emblée que ce rôle correspondait parfaitement à l’immense talent de cette grande comédienne. Christophe Paou interprète le rôle d’Utrillo, et Marc Prin celui du médecin de l’hôpital où se déroule l’action.
C’est avec une immense joie et une grande impatience que j’attends que Suzanne rencontre le public du Théâtre Montparnasse.
Dan JEMMETT
Un samedi, je découvre l’immense affiche sur la façade du Centre Pompidou, annonçant l’exposition « Suzanne Valadon ». C’est une reproduction de son plus célèbre tableau : La chambre bleue. Intrigué par la représentation de cette femme libre et puissante, je grimpe dans les étages du centre pour découvrir toute une œuvre qui m’était jusqu’alors inconnue. Immense coup de foudre artistique.
Le lendemain, je reçois un appel de Corinne Samama me demandant si je serais intéressé par une adaptation de son livre Utrillo mon fils, mon désastre, selon Suzanne Valadon…
Il y a des coïncidences, des signes, face auxquels on se doit de s’incliner.
Mon admiration profonde pour Suzanne Valadon et toutes les pépites présentes dans l’ouvrage de Corinne Samama m’ont permis de façonner une dramaturgie pour recréer sur scène cet affrontement mère-fils si fascinant. Deux conceptions de la peinture, l’une qui s’enrichit des traces de ses prédécesseurs, l’autre qui crée comme s’il était le premier artiste sur terre. L’une qui s’interroge longuement avant le premier coup de pinceau, l’autre qui peint comme l’oiseau chante. Plus opposés artistiquement, c’est impossible pourtant ces deux-là qui ont tant souffert de leur bâtardise, sont bien du même sang, et offrent à un dramaturge une richesse de caractère très stimulante. Ce fut fascinant de les regarder se déchirer, faire le compte de tous leurs griefs, appeler à la barre pour accuser la mère tout le gotha de Montmartre, mesurer la culpabilité d’une mère d’avoir rendu son fils alcoolique, et chercher malgré tout comment la réconciliation peut advenir. Parce qu’entre cette mère et ce fils, malgré les cris, les déchaînements de rage, il y a tant d’amour.
Jean-Benoît PATRICOT